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[Interview] 7 Weeks


7 Weeks ont sorti leur 5ème album Sisyphus le 31 janvier dernier chez F2M Planet. Nous avons posé quelques questions à Julien Bernard, chanteur et bassiste du groupe.


© Ardonau

Salut, pouvez-vous présenter le groupe ainsi que votre parcours ?


Salut, on joue depuis 2007, on a pas mal tourné en France, Europe et UK et on a sorti 5 albums et 2 Eps dont le dernier Sisyphus est sorti en janvier dernier.




"On s’est rendu compte que la difficulté et le doute étaient source de création pour nous mais ce coup-ci de manière positive"



Vous avez enregistré ce nouvel album après plusieurs soucis (line-up, label, etc), il était même question d’arrêter le groupe, quel état d’esprit vous a permis de revenir ?


Début 2018 effectivement on s’est posé la question de savoir si on jetait l ‘éponge, on était un peu « usé ». On s’est remis à écrire et on s’est rendu compte que la difficulté et le doute étaient source de création pour nous mais ce coup-ci de manière positive, on a beaucoup relativisé su notre condition, notamment au travers du livre de Camus Le mythe de Sisyphe et peu à peu on s’est retrouvé dans cette image, ça a été une inspiration, savoir que la création est plus importante que l’oeuvre.


Comment se déroulent la composition et l’écriture des titres ?


Ça dépend, je peux arriver avec un morceau écrit à 95 % pour tous les instruments et ça va très vite ( Solar Ride ) ou alors on peut aussi passer des mois sur un morceaux avec le groupe à chercher encore et encore ( Sisyphus, 667-off ). Il n’y a pas de recette.

On a toujours été les principaux compositeurs avec Jeremy depuis les débuts mais sur Sisyphus, PH a su amener la clavier à une place plus importante qu’avant, ce n’est juste un instrument d’arrangement ou d’accompagnement.


Pouvez-vous nous parler de l’influence de la mythologie grecque et du mythe de Sisyphe sur cet album… ou sur le groupe ?


Comme je l’ai dit plus haut, la vision philosophique de Camus nous a accompagné tout au long du processus de création, mais au tout départ, c’est cette idée très connue de Sisyphe et son rocher qui a germé en faisant la parallèle avec notre condition, on porte littéralement notre projet sachant qu’il peut toujours retomber (la preuve actuellement...), qu’il peut y avoir des hauts et des bas mais qu’on y retournera, quoi qu’il se passe.


En ce qui concerne la cover de l'album et selon la mythologie grecque c’était des taureaux qui étaient sacrifiés par immolation sur le bord de la mer, pourquoi ici le choix d’un bison ?


C’est vrai ... et on avait pas fait le rapprochement ! Effectivement, tu viens de donner un sens de plus à cette pochette ahaha ! C’est Gilles Estines qui a réalisé cette pochette, peut-être l’a t’il fait inconsciemment ? Les rochers sont là pour rappeler celui de Sisyphe, on voulait du ciel pour le côté aérien de certains morceaux. Le bison peut avoir plein de sens et la corrélation avec 7 Weeks est facile, mais avant tout, cette pochette est très belle, elle nous a tout de suite plu.

En tous cas merci pour ton explication, je la ressortirai dans une autre interview ;)


© Gilles Estines


Après autant d’années d’existence, y-a-t-il une rencontre qui vous a marqués ?


Il y en a forcément plein, que ce soit les gens qu’on a côtoyé sur scène comme sur la route. Il y en a tellement… Il y a évidement des visages qui restent plus que d’autres, ce sont d’ailleurs souvent des gens rencontrés dans des petits concerts, là où tu as le temps de parler, là où il existe encore une relation « normale » entre le gens, sans apparence ou posture. Mais si je devais en citer une qui parle à tout le monde, je dirai Kenneth Anger, il fait partie de ces légendes sulfureuses des années 60, ces gens dont j’avais toujours entendu parler par le biais d’article ou de livre sur Jimmy Page ou Hollywood. J'ai eu l’occasion de le croiser quand on a joué ensemble à l’Etrange Festival et franchement il est ultra flippant !! Un mix entre Dracula et Berlusconi … on aurait dit qu’il venait d’un autre monde.


N’est-il pas exclu un jour de faire un featuring ? Avec qui ?


On y pense à chaque album et puis on est tellement pris dans l’écriture et les délais qu’on zappe… On aimerait faire ça avec quelqu’un qui n’appartient pas à notre milieu ou scène, on aime les décalages. Une chanteuse, ça ce serait super, mais qui ? Alors là, très dur à dire, ça doit venir avec le morceau.


Avez-vous une anecdote de concert à nous raconter, bonne ou mauvaise ?


Notre dernier concert à Paris le 13 mars dernier, en montant sur scène, on s’est regardé avec Jeremy et on s’est « checké », on savait que c’était le dernier concert d’une époque, je ne dirais pas que c’est un mauvais souvenir, juste un souvenir très particulier, on sentait quelque chose, une ombre passer. Pas besoin de mots. Quand le concert était terminé on savait qu’on était passé dans un autre monde.


À défaut de pouvoir tourner en ce moment, profitez-vous en pour composer quelques nouveaux morceaux ou préparer de nouvelles choses pour une prochaine tournée ?


On ne se précipite pas à composer ou à entretenir notre image via des facebook live ou autre. On observe beaucoup ce qui se passe, on prend du recul. On sait que notre sortie d’album est un peu « avortée », mais on est pas les seuls. Il y a des gens bien plus impactés que nous. Penser que ce qu’on fait dans la musique est acquis est une grossière erreur, la preuve, tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Le rock ne doit pas être un privilège, il l’était peut-être devenu. On espère pouvoir tourner le plus vite possible mais cela semble encore difficile à prévoir. On a appris à voir les coups durs d’une autre manière, c’est ce dont parle Sisyphus.




"Pour se lancer aujourd’hui il faut être très motivé et compétent dans énormément de domaines"


Avec votre expérience et toutes les difficultés auxquelles vous avez dû faire face, avez-vous des conseils pour les jeunes groupes qui débutent ou veulent se lancer dans la musique en France ?


Je n’ai pas de conseils si ce n’est de faire d’abord la musique pour la musique et en plaçant la barre le plus haut possible. Aujourd’hui il est facile de croire (surtout en France) que tout est facile avec un home studio, des pubs facebook, un drone pour un clip etc.

Ce que je sais c’est que pour se lancer aujourd’hui il faut être très motivé et compétent dans énormément de domaines, et qui dit multiplication des domaines de compétences dit moins de temps pour chacun de ces domaines et donc un rendement de travail moindre. Le temps passé à se « montrer » est du temps en moins pour la musique et le message à faire passer. C’est le serpent qui se mord la queue. Beaucoup de gens disent chercher un nouveau mouvement qui balaiera la musique comme ça a pu être avec le punk, le grunge etc. Pour moi ce ne peut-être que par un moyen d’expression et une musique qui feront sans les réseaux sociaux (ce qui ne veut pas dire sans internet) qui sont des mouroirs créatifs, chronophages et addictifs.


Quels sont vos premiers et derniers concerts en tant que spectateur ?


Premier concert : Festival de Beaupouyet avec Aggressif Agricultor en 1989 je crois.

Dernier concert : Mama’s Gun au Bus Palladium en mars dernier.


Vos premiers et derniers CD/Vinyles achetés ?


Premier : Nena, 99 luftballons en 45t

Dernier : BO de Deathwish II en 33t


Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ? Une récente découverte à partager ?


Je me suis replongé à fond dans Stone Temple Pilots (l’avantage de Deezer car je n’avais pas tous les albums…) et j’entends déjà hurler les détracteurs mais j’ai beaucoup aimé le dernier Perdida. Et en récent le dernier Bodycount, le dernier Pearl Jam, le dernier Ry Cooder.


Le mot de la fin ?


Merci à toi et quand les magasins rouvriront allez vous faire plaisir avec quelques disques vu que vous aurez pas dépensé d’essence pendant 2 mois. Pensez à nous ;)









Pour plus d’infos :

Site : 7weeks.fr





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